Eurosport - ven, 14 mars 10:35:00 2008
Le duel Ferrari/McLaren est lancé. Après le meilleur temps de Kimi Räikkönen le matin, Lewis Hamilton (McLaren) a été le plus rapide lors des essais libres 2 à Melbourne, vendredi. Mais l'enseignement principal de la séance restera les difficultés éprouvées par les pilotes privés d'anti patinage.
Après le sandwich de Ferrari et de McLaren -Räikkönen devant Hamilton, Massa et Kovalainen - en libres 1, les outsiders de Red Bull ont quelque peu bousculé l'establishment en s'immisçant parmi les rouges et les gris lors du second entraînement, vendredi à l'Albert Park de Melbourne. Par une température d'une dizaine de degrés supérieure à celle relevée le matin (48°C en piste), les 22 pilotes de la 1ère manche du championnat du monde 2008 ont pu tourner, à 14h00 locales, dans des conditions similaires à la course dominicale, et se rendre compte de la tenue de leurs gommes Bridgestone, qualités "tendre" et "medium".
Au final, Lewis Hamilton a arraché trois minutes avant le gong le meilleur chrono, en 1:26.559, à comparer directement aux 1:26.461 réussis par Kimi Räikkönen (Ferrari) quatre heures plus tôt. La chaleur, synonyme de risque de grainage, a eu une influence directe sur le rendement des gommes japonaises car l'Anglais a usé de "tendre" pour avoir le dernier mot, tandis que le champion du monde finlandais avait fait un peu mieux avec des "medium", soit un mélange plus dur, le matin.
Ferrari et McLaren ont donc poursuivi leur duel des essais hivernaux, à un détail près : le local Mark Webber a hissé sa Red Bull équipée de "medium" au 2e rang, à 0.914 sec, et son coéquipier David Coulthard a trouvé place au 5e rang, derrière Massa et Kovalainen, et devant Räikkönen. La 5e position de Webber lors des libres 1 confirme donc l'ambition de Red Bull d'endosser le rôle de premier outsider, que BMW, Williams et Renault ont l'intention de lui disputer.
Une nouvelle ère
Au-delà de cette bagarre qui reprend entre les deux écuries fortes de la saison 2007, on a eu un avant goût d'une saison qui s'annonce passionnante, et certainement même vécu le début d'une nouvelle ère. Désormais sans anti patinage, les pilotes ont commis des fautes inhabituelles en dosant eux mêmes de façon imparfaite l'accélérateur. Comme le novice Kazuki Nakajima (Williams), les expérimentés Giancarlo Fisichella (Force India), Felipe Massa (Ferrari) et Jarno Trulli (Toyota) ont commis chacun un tête-à-queue. Tous ont surmonté l'avertissement sauf le vainqueur transalpin du Grand Prix de Monaco 2004, qui a laissé sa TF108 dans un bac à graviers.
Si les meilleurs temps sur un tour n'ont pas changé de valeur par rapport à l'année dernière, on a clairement constaté que les pilotes n'étaient pas capables de les reproduire indéfiniment sans commettre des fautes parfois grossières. Dimanche, sur des relais de vingt tours, on verra sûrement des performances chuter au fil des rotations comme en 2005, lorsque les pilotes devaient courir tout un grand prix avec un même train de pneu. Certes, ils peuvent en changer aujourd'hui, mais l'anti patinage n'est plus là pour calmer la dégradation des enveloppes maltraitées dans les travers.
Stéphane VRIGNAUD / Eurosport