
ALBI (AFP) - Christine Arron et Eunice Barber, réunies en haut de l'affiche aux Mondiaux-2005, ont depuis toutes deux multiplié les pépins physiques et ne sont pas au mieux de leur forme à trois semaines des Jeux de Pékin, pour lesquels la seconde n'est toujours pas qualifiée.
Alors que Arron, présélectionnée sur 100 m, vient chercher son billet sur 200 m lors des Championnats de France, qui débutent jeudi à Albi, Barber, quintuple médaillée mondiale mais jamais récompensée aux Jeux, jouera sa saison à la longueur samedi après-midi.
Pour mieux préparer ce concours, elle a travaillé sa technique pendant trois jours aux côtés de son ancien entraîneur, Claude Monot, la semaine dernière.
"Elle est venue pour essayer de trouver des sensations techniques en fonction de ses nouvelles possibilités physiques", précise-t-il.
Ce n'est pas qu'une question d'âge (33 ans). L'athlète, encore double médaillée mondiale en 2005 (argent à l'heptahlon, bronze à la longueur), n'a pas retrouvé tous ses moyens après son opération du genou droit en septembre dernier.
"Elle n'a plus le même moteur qu'avant", précise Monot. Résultat: trois concours moyens à Grenoble, Marseille et Tanger, avec une performance de pointe à 6,38 m, à 40 cm des minima (6,78 m). En cause notamment un manque de vitesse.
"Dans sa tête, il y a la fois du fatalisme et l'envie d'y arriver", ajoute le technicien. "A Marseille et Tanger, elle a eu des problèmes avec le vent, donc ce serait bien qu'elle ait de bonnes conditions à Albi. Mais rien n'est gagné".
Arron, double médaillée de bronze aux Mondiaux-2005 sur 100 m et 200 m, a moins de pression, mais si elle veut doubler à Pékin, il lui faut se qualifier sur 200 m.
Or, pour son premier demi-tour de piste de la saison le 13 juillet à Tanger (Maroc), elle est restée très loin des minima (23.40 contre 22.72). "Elle court au niveau des minima à l'entraînement donc quand elle fait 23 sec 40, on se pose des questions", explique son entraîneur Stéphane Caristan.
En cause, une grande fatigue qui l'a obligée à renoncer à la réunion de Paris/Saint-Denis vendredi dernier. Un aléa de plus dans une saison où elle a dû reporter à quatre reprises sa rentrée, à cause de douleurs au dos et aux adducteurs.
Du coup, depuis Tanger, la sprinteuse a suivi un programme allégé et est même restée au repos mardi et mercredi. Mais elle ne décidera que jeudi à Albi, si elle double 100 m et 200 m comme prévu.
"On verra si on décide de ne pas courir le 100 m pour privilégier le 200 m", explique Caristan, qui pense que "si elle retrouve de la fraîcheur et de l'explosivité, les chronos vont descendre".
A trois semaines des Jeux, l'entraîneur garde en tout cas espoir, même si son élève est aussi au ralenti sur 100 m (11.34). "La finale est dans ses cordes, elle l'a montré l'an dernier (6e des Mondiaux), alors qu'elle était plus mal en point, car elle sortait d'une blessure sérieuse (aux ischio-jambiers et au bassin). Elle a encore les moyens de ses ambitions."
Mais à 34 ans, Arron sait aussi que Pékin représente sa dernière chance d'être médaillée en individuel aux JO. Comme Barber.

AFP/Toshifumi Kitamuraagrandir la photo

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