Tout juste retraité des terrains, Christophe Dominici vient d’être nommé entraîneur des lignes arrières du Stade Français. Un nouveau contre-pied pour un joueur qui pensait encore il y a quelques mois finir sa carrière en 2009.
Depuis le départ de Fabien Galthié, l’idée de devenir entraîneur avait germé dans l’esprit de Christophe Dominici. Dans une saison émaillée de déceptions sportives (Coupe du monde, qualification manquée en Coupe d’Europe) et de blessures, le Toulonnais de naissance ne se voyait pas quitter les terrains et son club de cœur si vite. Ce n’est donc pas une surprise de voir l’ancien international (65 sélections) accéder à la fonction d’entraîneur. Mais pourquoi une intronisation si tardive ? En fait, l’intéressé a toujours voulu connaître les intentions du nouvel homme fort de Paris, l’Australien Ewen McKenzie. « Un entraîneur étranger va arriver, déclarait Domi au Midi Olympique au mois de mai. Il faut voir sa personnalité, son discours, son style de jeu. Aujourd'hui, la décision n'est pas prise. Je réfléchis. »
Après discussion et entrevue, McKenzie a vite compris l’utilité de Dominici. Son aura et son influence auprès de nombreux joueurs, comme l’Argentin Juan Martin Hernandez ou les jeunes espoirs Mathieu Bastareaud et Djibril Camara, seront essentielles pour remotiver les troupes dans les moments difficiles de la saison. Dominici connaît en effet parfaitement les exigences du Top 14, le club parisien, son président max Guazzini et ses habitudes si particulières. Depuis plusieurs années, il se veut aussi le relais de l’état d’esprit de compétiteur qui anime le collectif stadiste. De son côté, Dominici a aussi reçu des garanties sur son rôle technique et le fonctionnement du trio qu’il composera avec McKensie et Fabrice Landreau, reconduit pour la quatrième année.
Reste à savoir quel entraineur sera Dominici… Il n’est pas évident de passer de joueur à un poste aussi exposé médiatiquement que sportivement. Fabien Galthié a bien réussi entre 2004 et 2008 avec un titre de champion de France en 2007 et trois finales (une en Coupe d’Europe, deux en championnat). Au moins, Domi a déjà réfléchi sur la question. « Un entraîneur se doit d'être... entraînant et innovant. » Il faudra certainement plus pour faire progresser une équipe sèchement éliminée en demi-finale du Top 14 par Toulouse en juin dernier. Au Stade Français depuis 1998, l’ancien joueur a vu passer suffisamment d’entraîneurs (Laporte, Costes, Connely, Mallett, Galthié) et de situations (l’autogestion) pour s’en inspirer ou s’en éloigner. Mais Domi devra afficher de vraies qualités de dialogue et de pédagogie pour justifier ses choix auprès de joueurs qu’il connaît bien, ménager les égos et convertir la star australienne treiziste Mark Gasnier aux subtilités du XV. A 36 ans, Domi se lance dans un défi à la hauteur de sa carrière. Enorme et passionnant.
Mathieu BARATAS

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